« Empreinte carbone négative » est l'une de ces expressions qui attirent l'attention mais peuvent vite devenir du marketing si elles ne sont pas expliquées avec précision. En termes simples, un ingrédient à empreinte carbone négative retire, sur l'ensemble de son cycle de vie, plus de CO₂ de l'atmosphère qu'il n'en émet pour être produit, transformé et livré. C'est une exigence élevée qui requiert des données, une méthodologie et de la transparence.
Les macroalgues sont souvent citées dans ce contexte car, en poussant, elles absorbent du CO₂ par photosynthèse, le convertissant en biomasse. C'est un processus naturel et efficace, au potentiel réel à grande échelle. Mais un point clé compte : absorber du carbone pendant la croissance ne signifie pas automatiquement une « séquestration » à long terme. Pour parler de séquestration du carbone, il faut comprendre où ce carbone finit et combien de temps il reste hors de l'atmosphère.
Une partie du carbone reste stockée dans les produits récoltés, au moins jusqu'à leur consommation ; une autre part peut entrer dans les cycles du carbone océanique et, dans certaines conditions, être transportée vers les couches profondes. Mais le mesurer est complexe : cela dépend de l'espèce, du lieu, des courants, des pratiques de gestion et du devenir de la biomasse après récolte. C'est pourquoi l'« empreinte carbone négative » doit être prise au sérieux : elle exige une ACV (analyse du cycle de vie), des frontières de système claires et, si possible, une vérification indépendante.
Cela dit, le point le plus intéressant n'est pas une promesse facile, mais la direction : passer de la simple réduction des émissions à l'atténuation du climat. Beaucoup de stratégies de durabilité visent à faire moins de mal (moins d'émissions, moins de déchets, moins d'intrants). C'est nécessaire, mais pas toujours suffisant. Des ingrédients qui, dans des conditions précises, peuvent aider à retirer du carbone ouvrent une nouvelle perspective : l'alimentation comme solution climatique.
Pour KelpEat, la priorité est de bâtir cette perspective sans raccourcis : choisir des chaînes d'approvisionnement responsables, mesurer avec prudence et communiquer clairement ce qui est prouvé et ce qui est encore en évolution. Un geste simple comme changer d'ingrédient ne prend de sens que s'il repose sur des bases solides. Aujourd'hui, la crédibilité est la véritable innovation.